Merci, virus!

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Merci, virus!

Von Christian Campiche, Infoméduse - 29.03.2020

Les banques centrales parviendront-elles à sauver le système une seconde fois? Il semble qu’elles entreprennent tout pour y parvenir, mais à quel prix?

Pendant que des milliers d’êtres humains tombent comme des mouches face aux attaques du coronavirus, de grands marionnettistes ne trouvent rien de mieux que d’injecter 5000 milliards de dollars dans l’économie. C’est honteux.

Dans quelles poches aboutira cette somme surréaliste? Servira-t-elle à sauver des compagnies aériennes ou des banques? 

Et d’abord où les gouvernants trouveront-ils cette manne astronomique, si ce n’est, une fois de plus, en faisant fonctionner sans vergogne la planche à billets.

Le coronavirus n’a pas que du mauvais, entend-on dire souvent, parce que l’économie tournant au ralenti, les problèmes climatiques s’estompent tout seuls. Aux orties, le péché originel, les habitants de la planète retrouvent le sens du prochain, l’entraide, la solidarité. Le monde qui émergera de la crise sanitaire saura tirer les leçons d’une croissance débridée, il sera plus attentif au bien-être des populations, proche de la nature, moins inégalitaire. La grande illusion que voilà!

En réalité, le coronavirus rend service à la caste militaro-industrielle engluée dans l’impasse après sa formidable course en avant entamée au lendemain de la débâcle des subprimes en 2008. Ses affidés, les politiciens au pouvoir – notamment ceux visant une reconduction de leur mandat en 2020, suivez mon regard – s’angoissaient à l’idée que ce formidable emballement boursier sur lequel s’est construite leur carrière pût s’achever un jour dans les gueules béantes et brûlantes d’un krach apocalyptique. Grâce à la pandémie qui atténue leur responsabilité, ces gouvernants échappent momentanément à la disgrâce. Mieux, ils obtiennent un blanc-seing pour relancer certains pans d’une économie déstabilisée par les dérèglements climatiques.

A la rescousse des Etats, les banques centrales parviendront-elles à sauver le système une seconde fois? Il semble qu’elles entreprennent tout pour y parvenir, mais à quel prix? L’hyperinflation? Les pontes des grandes écoles  ne donnent pas de réponse, pourtant ils sont payés pour ça. Sans doute protègent-ils le système qui les a entretenus.

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